Suivez-nous:

A la une

Faillite de Tomas Cook: L’Analyse de l’Expert Mounir Ben Miled

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Thomas Cook est la plus ancienne agence de voyage au monde, créée en 1841. Elle s’est installée dans la plus part des pays dont La Tunisie où Tomas Cook a commencé ses activités après la 2ème guerre mondiale.

Les activités de T. Cook étaient la vente de billetterie de train, de bateaux, puis par la suite d’avions, de théâtre, en prélevant ses commissions.

T. Cook s’est distingué au début du siècle dernier par les « wagons-lits Cook » (ou wagons couchettes) à travers l’Europe et plus particulièrement la fameuse ligne de train L’Orient-Express, qui part de Londres à Istanbul en passant par La France, La Suisse, L’Italie, l’ancienne Yougoslavie, La Grèce, et La Turquie.

L’activité de T. Cook s’est transformée en Tour Operator , ou si l’on peut le qualifier de marchand de rêves ou confectionneur de loisirs. Il conseille le client, met en place l’avion sous forme de charter pour diminuer les charges, assure les réservations d’hôtels, les transferts de l’aéroport à l’hôtel à l’aller et au retour.

Ces activités paraissent, en apparence, lucratives, mais si on regarde l’historique des Tour Operator, on constate que 95% d’ entre eux n’ont  pas pu résister à la concurrence et encore moins à l’évolution  technologique (Internet). Plusieurs ont fait faillite ou ont été absorbés par des grands tels que T. Cook, qui a absorbé plusieurs agences de voyages sur le marché anglais, puis s’est développé sur le marché européen en absorbant des géants comme Jet tours en France, Neckerman en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg.

Chaque fois qu’un géant s’agrandit, ses vis-à-vis sont plus heureux de collaborer avec lui, car il leur assure un meilleur remplissage au travers des différents marchés d’un seul coup.

En contre partie cela donne au T. Opérateur une force de négociation, qui lui permettait d’assurer le remplissage des allotements (quota de lits) auprès des hôteliers. Il lui est arrivé de donner des avances aux hôteliers soit, pour construire d’autres lits ou pour améliorer l’existant. Ce qui était alléchant pour les hôteliers qui ont ainsi un crédit sans intérêt.

Cette situation, qui  paraissait très confortable, est en fait très difficile. Il suffit d’une saison moyenne ou des prévisions mal extrapolées pour que tout l’édifice s’écroule d’un seul coup.

Malgré ses 19 Milliards d’euro de chiffre d’affaires par an enregistrés en 2018, (soit une fois et demi le budget de La Tunisie),  T.  Cook n’a pas pu mettre en place 1 Milliard 100 millions d’euro pour sauver l’édifice et éviter la descente en enfer, soit environ 5% de son chiffre d’affaire.

Ce tsunami est dû à un phénomène endogène : manque de bonnes prévisions et non-maîtrise  des coûts et un 2ème  exogène avec  deux volets : a) les crises économiques successives des 10 dernières années b) et probablement le brexit (sortie de l’Angleterre de l’Europe). Toutes les réservations sont désormais annulées , toutes les activités de ce Tour Opérateur ont  cessé avec  effet  immédiat.

  • Le couperet de la  justice britannique est tombé Lundi 23 septembre sans aucun état d’âme. On n’accepte pas  au Royaume  Uni de demi-mesure. La mise à mort est prononcée sans prendre en compte les 23000 salariés qui vont se retrouver  au chômage.   

La liquidation judiciaire du plus grand voyagiste britannique a enclenché la  plus vaste opération de rapatriement de civil , après celui organisé lors de la faillite de la compagnie aérienne Monarch il y a deux ans et celui de la 2éme guerre mondiale. Les autorités britanniques vont devoir organiser le retour de 600 000 clients en vacances dans le monde dont 150 000 de ses ressortissants.  Une opération qui va couter  600 Millions d’euros. Chiffre qui paraît énorme, mais le gouvernement britannique a encaissé au moins 100 fois ce montant en taxes  diverses durant l’activité de ce voyagiste.

  • Pour  les créanciers tunisiens, il ne leur reste plus malheureusement que les larmes pour pleurer. Il s’agit d’un montant de70 Millions d’euro soit l’équivalent de 220 Millions de dinars.

Une grosse somme qui risque  d’être inscrite sur le compte « pertes et profits » des hôtels et des compagnies aériennes. Toute poursuite judiciaire individuelle est très longue et extrêmement coûteuse pour ne rapporter finalement que des miettes voire rien du tout, à moins d’entamer une poursuite collective au nom des créanciers.

Il est à noter que si La Tunisie perd 70 Millions d’euro, La Turquie en perd 3 fois plus et L’Espagne  en perd 7 à 10 fois plus (en raison de leur capacité en lits  beaucoup plus grande que La Tunisie).

La faillite de T. Cook va pénaliser l’activité touristique tunisienne d’environ 20% en moins pour le reste de l’année 2019. Pour l’année 2020 il va falloir faire beaucoup d’efforts pour rattraper la commercialisation de 220 000 arrivées par an que T. Cook envoyait en Tunisie, soit 10% des arrivées des européens.

Mounir Ben Miled   Expert-membre Fijet Tunisie

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Notre page officielle

 

Contactez-nous:

Tel : +216 98415700

Addresse : Zone Industrielle Charguia 1 Tunis

Email : contact@carthagonews.com

Tous droits réservés pour Carthago News 2016 © .

Édité par STEAG (Société Tunisienne d’édition et d'art graphique)

Restez Connecté Avec Nous

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn