Mounir Ben Miled: Non, ce n’est pas la fin de notre Tourisme

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Ensemble nous devons œuvrer pour la refonte totale de notre Tourisme. Tôt ou tard, les touristes Européens reviendront en Tunisie.


Dans une interview qu’il a donnée au journal la Presse, Monsieur Mounir ben Miled figure emblématique du Tourisme en Tunisie, avec M. Moncef Ksibi ont lancé un cri d’alarme en s’interrogeant « Est-ce la fin du Tourisme Tunisien ? ».Carthagonews, en quête de plus de précisions, a rencontré M. Mounir ben Miled.

 

Carthagonews : Que vouliez-vous dire par cette question tant soi peu provocante ?

Mounir ben Miled: Effectivement, nous voulions provoquer les uns et autres. Notre but: appeler à un grand débat sur le devenir du Tourisme Tunisien qui peinait déjà avant le 14 Janvier et qui est entré dans un tourbillon aussi garnissant qu’inquiétant pendant les cinq dernières années. En plus, le secteur a essuyé les graves et malheureuses retombées suite aux actes terroristes tragiques du Bardo, de Sousse et de L’avenue Mohamed V. les Médias européens, malgré l’épopée  fièrement enregistrée par les forces armées Tunisiennes et nos concitoyens à Benguerdane, n’ont pas hésité à titrer « Daech en Tunisie ». Ce qui nous a alarmés davantage, le fait d’apprendre que la CNRO (caisse Nationale des retraités ouvriers) de France qui possède et gère un grand village de vacances à Monastir d’une capacité de 1400 lits pour ses propres adhérents s’apprête à plier bagages et quitter définitivement la Tunisie en mettent en vente le village qui a drainé depuis les années 70 des centaines de milliers de touristes Français. La CNRO possède plusieurs villages en Europe  et avait choisi la Tunisie pour y investir et bâtir une de ses plus beaux villages pour ses adhérents retraités. Ce fut le début du Tourisme de troisième  âge en Tunisie.

 

Carthagonews : Mais comment la défaillance d’un partenaire , aussi grand qu’il soit  puisse-t-elle annoncer la fin du Tourisme en Tunisie ?

Mounir Ben Miled : Il ne s’agit pas d’une seule défaillance d’un seul partenaire. D’abord avec le départ de la CNRO, la Tunisie a perdu un partenaire de taille spécialisé dans un créneau qu’est le Tourisme du troisième âge qui a été d’un grand secours au Tourisme Tunisien pendant les basses saisons : avouez qu'un divorce après 45 années ça fait toujours mal. Ensuite, ce départ vient s’ajouter à la longue liste des chaines étrangères qui ont déserté notre pays et à nombreux pays qui persistent à ne pas conseiller la Tunisie en tant que destination de vacances. A ceux-là je leur pose une seule question : Vont-ils agir de la même manière avec la Belgique après les malheureux actes terroristes de la semaine dernière ?

 

Carthagonews : Alors devons-nous baisser les bras et livrer le secteur à l’inconnu ?   

Mounir Ben Miled : Bien sûr que non ! Le cri d’alarme que nous avons lancé c’est justement un appel à ne pas baisser les bras. Le Gouvernement et les Autorités compétentes ensemble avec les professionnels doivent tenir au plus vite les assises du Tourisme pour une refonte totale de notre produit, de nos stratégies de développement, notre politique de promotion et de commercialisation. Nous en sommes capables. Quant à notre bataille contre le terrorisme, aujourd'hui un fléau universelle, l’épopée de Benguerdane nous laisse espérer. C’est pourquoi je dis « ce n’est pas la fin de notre Tourisme ».

 Entretien conduit par : Amine Ben Jedou

 

      

 

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